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Ettore Spalletti, Guido Santi – Salle de départs

Commanditaires - Hôpital Raymond Poincaré
Mediateur - Jean-Yves Bobe ; Catia Riccaboni
Soutien - Hospital Raymond Poincaré ; Fondation de France
Hôpital Raymond Poincaré, Garches, France, 1996

La Salle des Départs de l'Hôpital Raymond Poincaré permet aux endeuillés de se recueillir avant le départ des convois mortuaires. Afin d'humaniser ce lieu et accompagner ceux qui traversent la douloureuse épreuve de la perte, les commanditaires demandèrent qu'un artiste intervienne et crée un espace empreint d'une charge métaphysique et poétique. Par l'emploi quasiment monochrome de la couleur bleu azur, l'artiste parvient à fondre sa création avec l'architecture du lieu tout en la dématérialisant. Si le bleu est une teinte froide, c'est aussi la couleur de l'espace et de l'infini, porteuse d'une dimension spirituelle. Lui correspondent vases et amphores en marbre, mobilier funéraire par excellence, formes pures et anonymes des temps immémoriaux. Seul le murmure provenant du jet d'eau de la fontaine située au centre de la morgue rompt le silence, il symbolise le flux de la vie.
Spalletti parvient ainsi à unir vie et mort au sein d'un espace dense et insaisissable. Dépourvu de toute pesanteur et de tout tragique, l'esthétisme de la salle des Départs appelle les endeuillés au lent travail de détachement qu'ils doivent accomplir. Par ce projet ambitieux et noble, c'est une vision essentialiste de la confrontation avec l'espace de la mort qui est proposée.

Ettore Spalletti & Guido Santi

Compte tenu de la dimension architecturale du lieu, les médiateurs pensèrent que seul un peintre pourrait parvenir à concevoir un environnement spatial suffisamment unifié pour embrasser la totalité de l'espace. Ils proposèrent les artistes Tremlett et Spalletti. Les commanditaires furent spontanément conquis par l'œuvre de Spalletti dont ils aimèrent la dimension transcendantale et la pureté des formes abstraites. Lors du premier rendez-vous, l'artiste ne souhaita pas voir la salle des Départs dont il prit connaissance par un plan et des photographies, mais privilégia le dialogue avec les médecins afin de mieux cerner leur désir. C'est seulement dans un deuxième temps qu'il présenta son projet. Les commanditaires et l'ensemble du service l'acceptèrent sans réserve car il entrait en résonance avec leur conception de l'appréhension de la mort. Pour l'aider, Ettore Spalletti fit appel aux architectes Guido Santi et Ngodjo qui assurèrent la maîtrise d'oeuvre.